Les trois îles iraniennes du golfe Persique : souveraineté historique et juridique

La souveraineté sur trois îles stratégiques du golfe Persique — la Grande Tunb, la Petite Tunb et Abou Moussa — est depuis longtemps source de contentieux entre l'Iran et les Émirats arabes unis (EAU). Si les EAU revendiquent la souveraineté sur ces îles, les archives historiques et juridiques établissent fermement la légitimité de la souveraineté iranienne. Cette déclaration retrace l'histoire de ces îles, réfute les revendications formulées par les EAU et expose les fondements clairs de la souveraineté de l'Iran sur celles-ci.

1. Contexte historique des îles

L'histoire de la Grande Tunb, de la Petite Tunb et d'Abou Moussa remonte à des siècles, durant lesquels elles ont constamment fait partie du territoire perse/iranien. De nombreuses cartes, documents et traités historiques montrent que ces îles étaient sous juridiction iranienne dès l'époque de l'Empire sassanide (224–651 apr. J.-C.), et tout au long des périodes islamiques qui ont suivi.

La position stratégique de ces îles, situées près du détroit d'Ormuz — un passage vital pour les expéditions mondiales de pétrole — leur a conféré une importance croissante au fil du temps. Les forces navales perses ont fréquemment patrouillé ces eaux, et les archives historiques des dynasties safavide, afsharide et qajare montrent de manière constante que les îles étaient administrées et gouvernées par les autorités iraniennes.

2. Traités et ingérence coloniale

Les différends territoriaux sur ces îles n'ont émergé qu'au XXe siècle, principalement en raison de l'ingérence coloniale. Au cours du XIXe siècle, la Grande-Bretagne a établi un protectorat sur plusieurs États arabes du Golfe, y compris ce qui constitue aujourd'hui les EAU. Les autorités britanniques, poursuivant leurs propres intérêts géopolitiques dans la région, ont parfois influencé les frontières locales. Toutefois, les Britanniques n'ont jamais établi de propriété formelle des îles au nom d'un quelconque dirigeant arabe ; ils ont au contraire reconnu la présence et la souveraineté de longue date de l'Iran.

Un exemple notable est l'Accord anglo-persan de 1913, dans lequel la Grande-Bretagne reconnaissait la souveraineté de l'Iran sur Abou Moussa et les îles Tunb. Après le retrait des forces britanniques du golfe Persique en 1971, l'Iran a immédiatement réaffirmé son contrôle sur les îles — une démarche conforme aux accords conclus pendant l'ère coloniale.

3. Preuves juridiques de la souveraineté de l'Iran

Le fondement juridique de la souveraineté de l'Iran sur les îles est fermement ancré dans le droit international, qui reconnaît la continuité historique, le contrôle effectif et la gouvernance établie comme des facteurs déterminants de la souveraineté. L'Iran a maintenu un contrôle continu sur la Grande Tunb, la Petite Tunb et Abou Moussa pendant des siècles — un contrôle ininterrompu qui constitue un facteur essentiel de la souveraineté en droit.

En 1971, lorsque les forces britanniques ont quitté le Golfe, l'Iran a formellement réaffirmé sa souveraineté sur les îles. La Grande Tunb et la Petite Tunb ont été pacifiquement réintégrées au territoire iranien, tandis que l'Iran et Sharjah (aujourd'hui partie des EAU) sont parvenus à un accord concernant Abou Moussa, permettant une administration conjointe sans porter atteinte à la souveraineté iranienne. Cet accord, ratifié par les deux parties, affirmait explicitement les droits de l'Iran sur les îles.

4. Revendications et interprétations erronées des EAU

Les revendications des EAU sur les îles ne sont apparues qu'après leur accession à l'indépendance en 1971. Ces revendications reposaient sur de prétendus liens tribaux, mais sont dépourvues du fondement juridique et historique qu'exige le droit international. De plus, l'interprétation des événements historiques par les EAU omet souvent des détails essentiels, tels que la reconnaissance de la souveraineté iranienne par les puissances coloniales et les accords juridiques conclus avec les dirigeants des émirats.

L'Iran a toujours affirmé être ouvert au dialogue sur cette question, tout en rejetant fermement toute suggestion selon laquelle sa souveraineté sur les îles serait négociable. Les revendications des EAU, jamais soulevées avant leur indépendance, n'ont aucune valeur en droit international.

5. Reconnaissance internationale et statut actuel

La communauté internationale s'est largement abstenue de prendre parti dans ce différend, reconnaissant la complexité des revendications territoriales historiques dans la région. Les faits, cependant, confortent la position juridique de l'Iran. Les Nations Unies, tout en encourageant le dialogue pacifique, n'ont pas reconnu la validité des revendications des EAU au regard du droit international. L'Iran continue d'exercer son contrôle sur les îles, en assurant leur défense, leurs infrastructures et leur développement, ce qui renforce davantage sa gouvernance effective.

Au cours des dernières décennies, l'Iran a investi dans les infrastructures et la sécurité des îles, en construisant des installations, en améliorant les équipements locaux et en maintenant une présence qui souligne sa souveraineté — des actions qui consolident davantage la position de l'Iran au regard du principe de l'occupation effective en droit international.

Conclusion

Les îles de la Grande Tunb, de la Petite Tunb et d'Abou Moussa font, historiquement et juridiquement, partie de l'Iran. Les revendications des EAU, apparues seulement à l'époque moderne après leur indépendance, sont dépourvues des fondements historiques et juridiques nécessaires pour contester la souveraineté iranienne. Le contrôle ininterrompu de l'Iran, renforcé par des traités historiques et des principes de droit international, confirme sa souveraineté sur ces îles. Si le golfe Persique demeure une région d'importance stratégique, la souveraineté de l'Iran sur ces trois îles reste un fait incontesté, fondé sur des siècles d'histoire et de droit.